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Développer sa gratitude

August 2, 2018

Par Renée Cormier, Ottawa

Je suis consultante en gestion de projet à mon propre compte et j’effectue des mandats pour le gouvernement. Autrement dit, quand je ne travaille pas, je ne suis pas payée. Le 31 mars 2016, j’ai reçu un préavis d’une demi-journée comme quoi mon contrat ne serait pas renouvelé. Ma surprise fut totale, car non seulement il y avait beaucoup d’ouvrage, mais j’avais bien accompli mes tâches jusqu’alors. De plus, habituellement, le préavis est de deux semaines. Inutile de dire que ça a été un grand choc qui m’a tellement bouleversée que j’ai pleuré pendant deux jours avant de me mettre à la recherche d’un nouveau poste. Tous les consultants à Ottawa savent que si l’on est sans contrat en mai, c’est sans espoir pour l’été. Donc, mon « cerveau logique » m’a suggéré de faire de mon mieux pour trouver quelque chose, tout en envisageant la possibilité de ne rien obtenir au cours de l’été et d’en profiter. Mon « cerveau émotif », lui, était terrifié! C’était la première fois que j’étais vraiment seule avec une maison et un fils de 16 ans à charge. Ayant été mariée pendant 25 ans, j’avais connu des interruptions professionnelles, mais mon mari avait toujours été présent pour m’encourager et m’appuyer. Graham étant décédé en 2013, il n’était donc plus là pour m’aider à me sentir mieux. J’ai récité Daimoku* pour tirer le meilleur parti de cette situation mais, certains jours, je me sentais vraiment déprimée et effrayée. En tout, je suis demeurée sans travail pendant six mois.

Déterminée à trouver le meilleur contrat possible et à m’en sortir, j’ai commencé à aller au Centre bouddhique pour les séances de récitation du mardi, et j’ai accueilli beaucoup de gens qui sont venus prier avec moi. J’ai également rendu visite à des membres du Groupe des femmes. Comme l’une d’elles récitait deux heures par jour et en avait retiré de nombreux bienfaits, j’ai décidé de faire trois heures. Croyez-moi, même si cela prend du temps, ça donne vraiment beaucoup de latitude pour penser et réfléchir. Ainsi, alors que je récitais Nam-myoho-renge-kyo*, j’ai pris la décision d’apprécier ce que j’avais déjà. En conséquence de quoi, j’ai commencé toutes mes journées avec une liste de choses pour lesquelles j’éprouvais de la reconnaissance, et cela m’a vraiment aidée à mieux me sentir. Toujours en priant, je me suis mise à me demander en quoi j’avais contribué à ce qui m’était arrivé dans mon dernier emploi. J’ai découvert que, le projet étant à court d’argent, on avait décidé de me mettre à pied pour recruter deux personnes moins expérimentées, mais ce n’était pas tout. Je me suis rendu compte que je m’étais beaucoup plainte au sujet de ce poste et, de surcroit, à tout le monde. J’avais été très mécontente et ce n’est qu’après avoir reçu des encouragements d’un aîné bouddhique pour transformer la situation en une terre de bouddha que les choses avaient vraiment commencé à changer, mais c’était trop tard. De plus, j’ai réalisé qu’en général, je me plaignais beaucoup. Et que se passe-t-il quand vous ne voyez que le négatif? Vous recevez encore plus de négativité en retour! 

En plus de trouver un nouveau contrat, j’ai décidé de voir le positif en tout et de cesser de me plaindre. Toutefois, comme c’est vraiment difficile de changer lorsque l’on est englué dans la négativité, j’ai commencé petit en essayant de voir le positif là où je le pouvais, et je me suis empêchée de me plaindre. Ensuite, c’est devenu plus facile, au point où j’ai enfin réussi à voir le positif dans toute chose. J’ai alors cessé de me plaindre et je me suis même sentie heureuse. À noter que je continue encore dans la même voie aujourd’hui. Vivre avec gratitude ne signifie pas qu’on ne voit pas les problèmes pour ce qu’ils sont, ni que l’on évite d’y faire face. Cela veut plutôt dire que l’on fait ressortir les bons points faisant partie de la situation. Dans mon emploi précédent, j’aurais pu éviter de me plaindre en me concentrant sur mes bons collègues et sur la contribution que j’apportais au bureau, plutôt que sur le mauvais patron et la médiocrité de la gestion. Surtout que cette attitude ne m’aurait pas empêchée d’essayer d’avancer et d’améliorer les choses si j’en avais décidé ainsi. Grâce à cette nouvelle vision, j’ai pu, durant ma recherche de travail, me mettre en relation avec de nombreux recruteurs, développer quelques très bonnes relations et postuler pour de nombreux contrats. À la fin, j’ai reçu trois offres, ce qui a constitué tout un défi quand il s’est agi de prendre une décision. J’en ai choisi un de courte durée avec quelques personnes très agréables, et je l’ai apprécié chaque jour. Puis ensuite, une de mes offres pour un contrat de trois ans a été retenue. Je travaille donc maintenant à un grand projet dans une merveilleuse équipe. En y repensant, la perte du contrat initial en 2016 a constitué un énorme bienfait car sinon, j’y serais toujours et baignerait encore dans un environnement toxique.

J’ai aussi bénéficié d’une autre bonne fortune. N’ayant jamais été douée pour budgéter, je ne savais pas à combien correspondaient les charges de la maison. Graham détestait que j’essaye de tenir un budget parce que je ne réussissais qu’à m’inquiéter, voire à devenir très tendue, et nous dépensions alors jusqu’à ce que l’on doive s’arrêter. La perte de mon emploi m’a donc obligée à resserrer les dépenses (ce qui a été bon pour mon fils également). En 2014, j’avais commencé à mettre de l’argent de côté pour acheter un chalet, et ces économies m’ont servi de réserve durant mon chômage. Ce pécule s’est considérablement réduit et je suis en train de le reconstituer lentement. Toute l’expérience m’a non seulement enseigné comment survivre pendant une longue période entre deux contrats, mais également que j’en étais capable. J’ai appris à ne rien tenir pour acquis et qu’il faut toujours avoir un plan de secours. Cet épisode sans travail a aussi été un bon apprentissage pour mon fils, Morgan, qui m’a d’ailleurs été d’un grand soutien tout au long des six mois. Je termine en vous incitant à vous concentrer sur le positif et, comme l’indique Daisaku Ikeda1 : « Quelque que soit le problème, la façon dont on l’interprète peut avoir un effet positif ou négatif sur notre vie. En optant pour une interprétation positive, on peut faire du problème une source d’enrichissement pour notre croissance personnelle. Il n’existe pas de personne plus forte que celle dont le cœur est toujours rempli de gratitude. »2

 

* Voir glossaire en troisième de couverture.

1 Actuel président de la Soka Gakkai Internationale (SGI).

2 Traduction libre, ikedaquotes.org